Etes-vous aussi arctophile ?
Vous ne tarderez pas à le savoir... pour cela, je vous transcris ci-après un billet de Françoise BOURDON, paru dans une petite revue.
"Nos chers nounours
"Le mien s'appelait Tintin et fut tendrement aimé. J'en eus un autre, alors que j'avais six ans, que Tintin était dans un triste état et que j' "attaquais" ma première cure à Allevard-les-Bains. Je l'avais nommé Bichon et il m'aida à supporter les soins de la cure. C'était, bien avant l'apparition des "ours-thérapeutes" aux Etats-Unis, une démonstration de l'action réconfortante d'un simple ours en peluche.
"Pourquoi, me direz-vous, vous en parler précisément aujourd'hui ? Tout simplement parce que je me suis intéressée, le 28 novembre dernier, à l'une des ventes aux enchères les plus originales de l'année. Ce dimanche-là, 700 ours en peluche de collection ont été dispersés à 13 heures à l'Hôtel Ambassador, à Paris. Ils appartenaient à une arctophile (littéralement, celui qui aime les ours), mère de famille, se faisant appeler Bérénice -de bear (ours) et nice (gentil).
"Ce genre de vente se pratique depuis longtemps aux Etats-Unis, mais est beaucoup moins fréquent en France. Il faut rappeler que le nom de Teddy Bear nous vient d'outre-Atlantique, en souvenir d'une anecdote survenue en 1902. Le président des Etats-Unis, Theodore Roosevelt, surnommé "Teddy", était un grand chasseur. Participant à une chasse à l'ours dans le Mississippi et rentrant bredouille, il avait refusé de tuer un vieil ours blessé qu'on venait de rabattre vers lui. L'anecdote séduisit aussi bien les journalistes que l'opinion publique, et donna l'idée aux fabricants de jouets de confectionner des ours en peluche.
"Les Teddy Bears remportèrent un tel succès qu'il s'en vendit plus d'un million d'exemplaires en 1907. Ce succès ne se démentit pas tout au long des années et le nombre des arctophiles augmenta. L'arctophilie est la collection qui occupe la troisième au monde, après la philatélie et la numismatique. L'ours en peluche fut et demeure le jouet le plus offert, et le plus attachant, d'autant que de nombreuses créations artistiques s'y référèrent. Ainsi de l'ours Martin, de Winnie l'Ourson, de l'ours Paddington ou de Gros Nounours, en 1962, dans la très célèbre émission Bonne nuit, les petits, avec les personnages de Nicolas et Pimprenelle. Je suis certaine que, tout comme moi, vous avez encore la musique du générique en mémoire...
"Les "nounours" ont pris une telle importance dans la vie des enfants que, depuis 2004, il existe, en France, l'hôpital des nounours (HDN), inspiré d'une expérience allemande.
"D'abord organisé dans six villes de France, l'hôpital des nounours est désormais présent dans toutes les facultés de médecine du pays, et parrainé par l'Unicef.
"Des enfants âgés de trois à six ans sont accueillis à l'hôpital des nounours par des étudiants en médecine. Leurs nounours sont examinés par des "nounoursologues", ce qui permet de dédramatiser le monde de l'hôpital. Un rôle inattendu de nos chers nounours, qui n'ont pas fini de nous séduire, de nous émouvoir et de nous consoler.
"A tous les âges de la vie..."





