Voilà ce qu'écrivait Françoise en date du 24 juin 2011 :

"Une grosse pensée émue pour Réglisse qui nous a quitté aujourd'hui après 15 années passées en notre compagnie... un chat, me direz-vous ? non, Réglisse était plus qu'un chat... un compagnon indéfectible, certes un peu caractériel sur ses vieux jours, mais toujours prêt à rester aux côtés de ceux qui avaient besoin d'être apaisés... Nous ne te remercierons jamais assez !"

 

Réglisse

 

J'étais à la recherche d'un texte "qui nous parle" et c'est là que j'ai découvert le beau texte de Philippe Ragueneau. Oserez-vous me rétorquer qu'il ne s'agit que d'un chat ? ...

Ce n'est qu'un chat !

"Je me souviens de cette femme, un soir, qui pleurait ... C'était chez des amis. On se donnait des nouvelles des enfants. Elle avait dit simplement : "Mon petit chat est mort." Et elle s'était mise à pleurer ... Et, dans un coin du salon, un monsieur avait dit à un autre, en haussant les épaules : "Ce n'est qu'un chat, quand même ! ..."

Ce n'est qu'un chat !... Mais c'est immense, un chat, vous ne savez pas, Monsieur ? C'est immense ... Vous n'en avez pas, évidemment, et vous ignorez que l'on peut avoir, lorsqu'il s'en va à tout jamais, autant de chagrin que s'il s'agissait d'un enfant ... Aux gens qui n'en ont pas, ça paraît sacrilège ... Comment peut-on comparer, n'est-ce pas ? ...

C'est parce que vous ne savez pas, Monsieur. Vous ne savez pas la place que ça prend, un chat, dans une vie - ces yeux d'or qui vous dédient un regard d'éternité, cette patte douce qui se pose sur votre main, ces mouvements qui sont la beauté et la grâce et dont chacun exprime une sensation, un sentiment, et cette tête ronde et dure qui se colle à votre tempe pour vous dire je t'aime aussi ...

Tout cela, Monsieur, vous ne le savez pas, et quelque chose vous manque.

Mais je ne sais pas si je dois vous plaindre ou vous envier .... Parce que vous ne tremblez pas chaque fois qu'il tousse, ou éternue, ou n'a pas faim ; chaque fois qu'il s'est battu et que l'on cherche dans son poil, la trace des morsures et des griffes ; chaque fois qu'il rentre tard et que l'on ne sait pas, si dans la rue, un imbécile, qui roulait trop vite, ne l'a pas projeté contre un mur, désarticulé, brisé ...

Mais vous ne connaîtrez jamais non plus, c'est vrai, le bonheur d'un amour gratuit partagé. Parce que les chats, Monsieur, c'est tout le contraire de ce que certains racontent : c'est tendre, c'est bon, c'est fidèle, c'est lucide, c'est intelligent, c'est doux et ça vous dit des choses .... Tant de choses ! ..."

 

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