Ludovic JOCE vient de m'en informer : il sort son tout 1er recueil de nouvelles !

 

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Madame rêve

Huit histoires courtes suspendues au verbe de ceux qui les racontent, de l’ado des cités à la manageuse en pleine ascension, du quadra alcoolisé à la boulimique en mal de frites, du vieillard qui décroche à la jeune mère au bord du burn-out… Tout l’art de la nouvelle culmine dans ce recueil, aussi bigarré dans ses personnages que subtil dans ce qui les lie : car derrière les fêlures et revers de la vie se dessine en toile de fond, pour reprendre les mots de Bashung, ce à quoi Madame rêve…

 

Sortie en librairie le 25 juin prochain, mais il peut être précommandé dès aujourd'hui ici : https://editionsinedits.com/produit/madame-reve/

Souvenez-vous, je vous avais parlé de cet auteur dans mon billet du 3 juillet 2014, intitulé "Connaissez-vous cet auteur ? (51)" et dont vous trouvez ci-dessous une copie ... cela vous évitera de chercher ;-)


 
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Le billet de ce jour est le plus long de tous ceux que j'ai publiés en quatre ans, mais cela en vaut vraiment la peine. J'aimerais, en effet, revenir sur l'une de mes dernières lectures, à savoir

 

"Point de gravité"

 

et contribuer ainsi, à mon tout petit niveau, à faire connaître un peu plus son auteur. Il s'agit de Ludovic JOCE.

 

Ludovic Joce

Ludovic Joce est né en 1972 en banlieue parisienne mais vit depuis toujours sur la Côte d'Opale. Après des études commerciales et quelques années passées dans la grande distribution, il décide de changer de voie pour devenir éducateur spécialisé "parce que je ne supportais plus cette déshumanisation environnante et puis j'ai été très sensibilisé par mon entourage, je sentais qu'une formation d'éducateur spécialisé allait réellement changer ma vie", indique-t-il.

Cette formation l'a transformé en profondeur et, à l'entendre, a donné de l'épaisseur et du sens à sa vie. "Cela me fait découvrir tellement de personnalités différentes, de multiples souffrances... Cela me remet le nez dans les livres, moi qui suis un boulimique d'auteurs contemporains français, anglo-saxons ou encore américains !"

Et le déclic se fait : une forte envie de transformer ses découvertes, ses expériences, ses passions sous une forme littéraire... une envie viscérale de communiquer ses émotions à tus ceux qui l'entourent... "Tout cela se construit dans ma tête et puis un jour c'est l'évidence... Il me fallait offrir un roman à mes futurs lecteurs pour partager tant de richesse de sentiments."

 

En 2007, Ludovic Joce rédige sa première nouvelle, participe au concours international Arts et Lettres de France et remporte le 3ème prix. Trois ans plus tard, il achève "Point de gravité", son 1er roman – sélectionné par le magazine Technikart dans le cadre d’une « opération manuscrits » visant à repérer de nouveaux auteurs. Il travaille depuis sur d’autres projets littéraires. Quelques uns de ses textes (nouvelles, poèmes) ont été publiés dans de petites revues telles que Les hésitations d’une mouche, Les tas de mots, Traction-brabant, Comme en poésie, Microbe, Coaltar, etc.

 

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QUELQUES CRITIQUES :

 

Eléonore Varini, journaliste au magazine ASH (Actualités Sociales Hebdomadaires, une revue extrêmement intéressante que j'aimais lire il y a fort longtemps) a lu "Point de Gravité". Son billet vient de paraître dans le n° 2865 du 20 juin 2014 :

"Transfert éducatif -

Florianne a décidé de devenir éducatrice. A cause de Loïc. Avant de passer des années en prison, Loïc travaillait dans une maison d'enfants à caractère social (MECS), La Grande Maison, à Lille. Il se rappelle "l'effervescence, les chamailleries, les histoires de pets et de rots qu'on lâche en plein repas pour amuser la galerie, susciter des rires idiots, crever le silence à tout prix". Ainsi que "des provocations, des angoisses matérialisées par les bruits et les gestes" de ces jeunes. "Douze bouches qui mastiquaient de concert. Douze verres qui carillonnent et douze couteaux qui scient les assiettes. Douze corps qui remuent continuellement et les insultes qui déboulent plus vite qu'un argumentaire de télémarketeur cocaïné." Des jeunes pour lesquels il doit "trouver les mots qui font mouche, apaisent ou rétablissent le calme en un tour de voix". Parmi eux, il y avait Florianne. A l'époque, c'était une "gamine" de 12 ans placée après l'hospitalisation de sa mère, victime de violences conjugales. Selon les autres enfants de la MECS, mais aussi selon ses collègues, Loïc s'occupe un peu trop de cette petite. Il passe des heures au bord de son lit, se confie à elle, et elle à lui, tant et si bien qu'il délaisse les autres résidents. Et qu'il finit par se faire licencier quand, un matin, il est surpris dans sa chambre, une flasque d'alcool à la main. Mais Loïc n'a rien à se reprocher. Transfert ? Fusion ? C'est en tout cas à sa propre fille qu'il pense quand il s'occupe de Florianne. Cette enfant dont la disparition a brisé sa vie. "Je me rends compte combien Florianne m'a aidé à retrouver des forces, de la stabilité", constate le héros de Ludovic Joce, lui-même éducateur spécialisé, qui signe avec "Point de Gravité" son premier roman. Dans cette histoire pleine de rebondissements, il nous entraîne sur de fausses pistes et ne dévoile qu'au dernier chapître ce qui a mené Loïc derrière les barreaux. - 20.6.2014"

 

Jacques Trémintin :

"Qui mieux qu’un éducateur spécialisé pouvait décrire de l’intérieur le fonctionnement de cette profession ? L’auteur plante le personnage central de son premier roman au cœur d’une maison d’enfant à caractère social. Avec pour décor, le quotidien des douze enfants accueillis, se joue le sort de Loïc, un professionnel d’internat confronté à un véritable tourbillon mêlant tout en les articulant, étroitement et confusément, vie privée et vie publique, douleur de l’existence et opportunité pour s’en sortir, tragédie personnelle et destin des enfants placés.

Cet ouvrage ne retient pas seulement l’attention pour sa belle écriture et son rythme cadencé. Il va creuser au plus profond de ce qui motive et perturbe, anime et bouscule, stimule et dérange beaucoup de ces adultes payés pour se confronter à la détresse de ces mômes si jeunes et pourtant déjà si fracassés pas la vie. Bien sûr, il y a ceux qui se protègent, en assurant le minimum requis ou en ne pensant qu’à leur carrière. D’autres préfèrent se réfugier derrière des schémas théoriques. Loïc, ravagé par un drame personnel, va transgresser les limites imposées par la profession. Reviennent de façon récurrente des questions dont la résolution est traditionnellement considérée comme un pré requis, pour exercer ce métier : puis-je être meilleur parent pour cet enfant que sa propre mère ? Comment résister au transfert massif qui m’envahit ? Jusqu’où doit aller mon implication ? Que faire pour continuer à protéger un enfant, quand le dispositif légal s’arrête ? Comment réussir à gérer mon sentiment d’impuissance ? Notre profession a pris l’habitude de s’abriter derrière la fallacieuse « bonne distance ». Ludovic Joce dynamite avec bonheur cette préconisation. Certes, pour les plus orthodoxes, l’illustration extrême qu’il propose ne fera que les confirmer dans leur conviction. Pour les autres, la trame de cette fiction viendra ébranler les évidences qui n’en sont pas vraiment. Et, elle les incitera, un peu plus encore, à s’engager dans la quête d’une authentique rencontre qui a bien peu de chance de se réaliser, quand on se limite au rôle de technicien de l’éducation distancié, neutre et désaffectivé.

Le roman commence brutalement par la sortie de prison du personnage central. Tout au long des pages, on ne cesse de s’interroger sur ce qui a pu l’y amener. On ne le saura qu’à la fin du récit. Que le lecteur ne compte pas sur cette chronique pour le lui révéler. L’intrigue tisse sa toile avec talent et suscite une avidité de lecture qui ne s’apaise qu’une fois la dernière page tournée, laissant toutefois un sentiment de trop peu, tant on aurait voulu que le propos perdure. C’est avec regret que l’on quitte Loïc, l’avenir qui s’offre à lui s’ouvrant sur un ensemble des possibles que l’auteur se garde bien de limiter. Ludovic Joce laisse le lecteur libre de donner cours à son imaginaire pour concevoir la suite."

 

Martine Galati :

(http://www.leslecturesdemartine.com/)

Billet publié le 19 mai 2014 par Martine

"Il y a des lectures qui nous laissent sans voix, qui nous prennent à la gorge et nous coupent le souffle. Il nous faut alors un peu de temps pour pouvoir exprimer ce ressenti, si fort qui nous a absorbé sans qu'on y prenne garde.

C'est ce que j'ai vécu en lisant ce "Point de gravité" de Ludovic Joce paru aux éditions D'un Noir Si Bleu. Pourtant j'ai l'habitude avec cet éditeur (dont nous proposons les ouvrages via l'association Les lectures de Martine). Mais, cette fois-ci, il a fait fort. Très fort.

J'ai lu ce roman, le premier pour l'auteur Ludovic Joce, il y a quelques semaines. Et depuis, j'avais peur. Peur de ne pas arriver à exprimer les émotions qui m'ont traversée à cette lecture. Peur d'en dire trop, ou pas assez, ou mal. Et puis aujourd'hui. Enfin! L'envie de vous dire tout le bien que j'ai pensé de ce roman est la plus forte. Alors... je me lance.

Quand Loïc réapparaît après plusieurs longs mois d'absence, Florianne est là, présente, fidèle. Elle l'attend. Mais à la place de l'adolescente dont il se souvient très bien, c'est une jeune femme qui l'accueille désormais et qui exerce à présent le métier d'éducatrice. Ce même métier que Loïc a choisi d'exercer lui aussi des années plus tôt. Et ce même métier qu'il va devoir très certainement exercer à nouveau auprès de jeunes en difficultés, de jeunes garçons et filles en rupture totale avec la société dans laquelle ils vivent.

Egalement marié et père d'une petite fille, Loïc doit réapprendre à vivre, redécouvrir à quoi ressemble le bonheur avant de pouvoir, à son tour et dans l'esprit qui l'anime, essayer de le partager un peu avec ces jeunes qui ont tant besoin de lui et auprès de qui il doit pouvoir répondre présent sans sortir du strict cadre de son travail.

C'est une belle leçon de vie et d'humilité que nous offre Ludovic Joce avec ce "Point de gravité". Ce point sur le fil mouvant de la vie, qu'il ne faut surtout pas faire avancer trop vite, et qui a pourtant si vite fait de pencher du mauvais côté.

Ce qui m'a réellement touché dans ce roman, c'est l'approche du métier d'éducateur que nous en présente l'auteur. Sans mélo, ni sensiblerie extrême, mais avec juste la pointe de réalité nécessaire. La construction du roman est claire et sans fioriture. Même si tout n'est pas dit, le propos nous est soufflé par petites touches infimes et percutantes. Tout n'est pas dit, et n'a nul besoin de l'être, car tout se comprend très bien. Nul besoin d'être devin en effet pour comprendre la blessure profonde qui a atteint Loïc de plein fouet et de plein coeur, blessure dont il n'a pas encore cicatrisé, loin de là! Nul besoin non plus de faire preuve de beaucoup d'imagination pour deviner les difficultés que son retour à la vraie vie, et à sa vie professionnelle, va susciter, d'autant plus que, là, les choses sont dites. Loïc veut essayer d'améliorer, d'apporter quelque chose en plus à ces enfants et à ces jeunes en mal de vivre.

Au-delà de ce récit d'un homme en souffrance en pleine reconstruction, c'est l'approche d'un métier ô combien difficile que nous fait découvrir Ludovic Joce. Un métier qu'on ne peut pas faire sans y mettre du sien, du coeur, et qui nous ouvre des portes à la fois périlleuses et merveilleuses.

Un roman qui ne nous laisse pas indemne mais qu'il faut lire. Absolument."

  

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(P.S. Tous ces éléments ont été puisés sur le net)

 

 

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