Aujourd'hui j'aimerais vous parler de trois livres dont je viens de terminer la lecture.

Vous le savez, j'aime beaucoup les romans du terroir en raison de la qualité de l'écriture, de l'approche de la géographie et des coutumes de chaque région ... Mais j'aime aussi les livres qui m'invitent à réfléchir et à méditer sur les sujets abordés.

Pour commencer, un livre de Françoise Bourdin :

 

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"Pour se consacrer à son époux, Mathieu, un grand patron en cardiologie, et à ses deux enfants, Valérie a renoncé à une prometteuse carrière de médecin. A Rouen, elle mène l'existence dorée d'une femme de notable, jusqu'au jour où elle découvre qu'elle est une femme trompée.

Bravant la fureur de son mari, elle quitte le domicile conjugal avec ses enfants et entame une procédure de divorce. Mais, à trente-sept ans, retrouver une indépendance matérielle et reconstruire une vie affective tout en préservant ses enfants est un parcours douloureux et semé d'embûches. S'imposer à nouveau dans le milieu médical en reprenant ses études devient alors pour Valérie un véritable défi. D'autant que Mathieu, qui ne supporte pas d'avoir été éconduit, va tout faire pour reconquérir sa femme et l'empêcher de réintégrer l'hôpital.

Malgré l'aide précieuse de Ludovic, un brillant et séduisant avocat, Valérie obtiendra-t-elle enfin le droit de regagner sa liberté ?" (4ème de couverture)

 

Puis un livre de Michel Caffier, un auteur que je découvre :

 

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"La guerre de 1870 a coupé la Lorraine en deux. Au sud, Nancy reste libre ; au nord, Metz, annexée, entend rester française. Sur la frontière, en bordure de la Moselle, le village de Pompey devient, en vingt ans, une cité industrielle dont l'aciérie fournira à Gustave Eiffel des éléments pour sa tour. La famille Muller passe ainsi de la vigne aux hauts fourneaux et tente de préserver son équilibre dans ce qui reste du hameau de Pompey, près des mirabelliers et des fleurs vivaces qu'on retrouve sur les vases d'Emile Gallé et les meubles de Louis Majorelle." (4ème de couverture)

 

Quant au troisième livre, je le mets volontairement en fin de billet, car j'aimerais que vous vous en souveniez. Il s'agit d'une succession de "contes" de Jorge Bucay.

 

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La 4ème de couverture dit ceci : "Les histoires de Jorge Bucay se lisent d'une traite mais se méditent indéfiniment. Car derrière leur apparente simplicité, toutes renferment un trésor de sagesse."

Je voudrais vous donner un avant-goût du merveilleux contenu de ce livre en transcrivant l'un de ces contes :

 

Le chercheur

"C'est l'histoire d'un homme que je définirais comme un chercheur... Un chercheur est quelqu'un qui cherche, pas forcément quelqu'un qui trouve. Ce n'est pas non plus quelqu'un qui, nécessairement, sait ce qu'il cherche. C'est simplement quelqu'un dont la vie est une quête.

Un jour, ce chercheur eut le sentiment qu'il devait se rendre à la ville de Kammir. Il avait appris à tenir rigoureusement compte de ces sensations qui venaient d'un endroit inconnu de lui-même. Aussi, il quitta tout et partit.

Au bout de deux jours de marche sur les chemins poudreux, il aperçut au loin Kammir. Un peu avant d'arriver à la ville, une colline à droite du sentier attira vivement son attention. Merveilleusement verte, elle était couverte d'arbres, de fleurs, d'oiseaux enchanteurs, et entièrement entourée d'une sorte de petite palissade en bois verni.

Un portillon en bronze l'invitait à entrer. Il eut tout à coup l'impression d'oublier la ville et succomba à la tentation de se reposer un moment en ce lieu. Le chercheur franchit le portillon et avança lentement entre les pierres blanches, qui semblaient éparpillées un peu au hasard, entre les arbres.

Il laissa ses yeux se poser comme des papillons sur chaque détail de ce paradis multicolore. Ses yeux étaient ceux d'un chercheur et, sans doute pour cette raison, il découvrit cette inscription sur l'une des pierres :

Abdul Tareg, vécut 8 ans, 6 mois, 2 semaines et 3 jours.

Il eut un léger sursaut en prenant conscience que cette pierre n'était pas une pierre ordinaire : il s'agissait d'une pierre tombale. Il éprouva une peine immense à la pensée qu'un si jeune enfant était enterré là.

Regardant autour de lui, l'homme se rendit compte que la pierre d'à côté portait également une inscription. Il s'approcha pour la lire :

Yamir Kalib, vécut 5 ans, 8 mois et 3 semaines.

Le chercheur se sentit envahi d'une terrible émotion. Cet endroit merveilleux était un cimetière, et chacune des pierres, une tombe. Une à une, il entreprit de lire les pierres tombales. Toutes portaient des inscriptions semblables : un nom et la durée de vie exacte du défunt.

Mais ce qui le plongea dans l'épouvante, ce fut de constater que celui qui avait vécu le plus longtemps avait à peine plus de onze ans... Accablé par un effroyable chagrin, il s'assit et se mit à pleurer.

Passant par là, le gardien du cimetière s'approcha. Il le regarda un moment en silence, puis lui demanda s'il pleurait un membre de sa famille. "Non, aucun parent, dit le chercheur. Que se passe-t-il avec cette population ? Quelle chose si terrible y a-t-il dans cette ville ? Pourquoi tant d'enfants défunts enterrés en ce lieu ? Quelle est l'horrible malédiction qui pèse sur ces gens et les a obligés à construire un cimetière d'enfants ?!!!"

Le vieil homme sourit et dit :

"Calmez-vous. Il n'y a aucune malédiction. Ce qui se passe, c'est que nous avons ici une vieille coutume. Je vais vous raconter...

Lorsqu'un adolescent entre en sa quinzième année, ses parents lui font présent d'un carnet comme celui que j'ai ici, pendu à mon cou. Il est de tradition chez nous, à partir de ce moment, que chaque fois qu'on jouit intensément de quelque chose, on ouvre le carnet et on note dedans :

          - à gauche, ce qui a donné de la joie...

          - à droite, combien de temps a duré cette joie.

Il a rencontré sa fiancée, il en est tombé amoureux. Combien de temps a duré cette immense passion et le plaisir de la connaître ? Une semaine, deux, trois semaines et demie ?...

Et ensuite... l'émotion du premier baiser,  le merveilleux plaisir du premier baiser, combien de temps a-t-il duré ? La minute et demie du baiser, deux jours, une semaine ?

Et la grossesse de sa femme, la naissance de son premier enfant ?

Et le mariage de ses amis ?

Et le voyage le plus désiré ?

Et les retrouvailles avec le frère rentré d'un pays lointain ?

Combien de temps a duré la joie donnée par ces situations ? Des heures, des jours ?...

Ainsi notons-nous peu à peu, dans ce carnet, chaque moment dont nous jouissons... chaque moment.

Lorsque quelqu'un meurt, nous avons coutume d'ouvrir son carnet et de faire la somme des moments de joie pour l'inscrire sur sa tombe. Parce que, pour nous, ce temps est le seul et véritable temps VéCU."

 

Vous comprendrez aisément que je me ferai un plaisir de lire un autre livre de Jorge Bucay.

 

 

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